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Développeur d’API : 4 questions à se poser avant de recruter

Développeur d’API : 4 questions à se poser avant de recruter

    Avant de recruter un développeur d'API, clarifiez le type d'API dont vous avez besoin, le volume de travail réel et la bonne formule. Compétences à vérifier, propriété du code et erreurs à éviter.

    Un développeur d’API conçoit, construit, documente et maintient les interfaces qui permettent à vos logiciels d’échanger des données : votre site avec votre ERP, votre application mobile avec votre serveur, votre CRM avec votre outil de facturation. Avant d’en recruter un, posez-vous quatre questions : de quel type d’API avez-vous besoin, le besoin justifie-t-il un poste à plein temps, comment allez-vous attirer et évaluer les bons profils, et une embauche est-elle vraiment la meilleure option face à un freelance ou une agence ?

    On reprend ces quatre questions une par une, avec les compétences à vérifier, les pièges juridiques à connaître (propriété du code) et les erreurs qui coûtent cher.

    Que fait un développeur d’API ?

    Une API (interface de programmation) est un contrat entre deux logiciels : l’un expose des fonctions et des données, l’autre les appelle selon des règles précises. Si la notion vous est nouvelle, commencez par notre article qu’est-ce qu’une API.

    En interne, les API relient vos outils entre eux pour que les données circulent sans ressaisie ni fichiers Excel échangés par mail. En externe, elles permettent à votre application de se brancher sur des services tiers (paiement, cartographie, messagerie, logistique) ou d’ouvrir vos propres données à des partenaires.

    Développeur d'API
    Développeur d’API

    Le développeur d’API (on dit aussi ingénieur API ou développeur d’intégration) prend en charge tout le cycle de vie de ces interfaces :

    • Concevoir : définir les ressources, les formats de données, les codes d’erreur, la gestion des versions.
    • Développer : écrire le code côté serveur, brancher la base de données et les services tiers.
    • Sécuriser : authentification, contrôle des droits, limitation du nombre d’appels.
    • Documenter : produire une documentation que d’autres développeurs peuvent utiliser sans lui.
    • Tester et surveiller : tests automatisés, journaux, alertes en cas de panne ou de lenteur.
    • Faire évoluer : ajouter des fonctions sans casser les applications qui utilisent déjà l’API.

    De quel type d’API votre projet a-t-il besoin ?

    C’est la première question, car elle détermine le profil à chercher. On distingue d’abord les API selon qui peut y accéder :

    • API ouvertes (publiques) : accessibles à des développeurs tiers, souvent après inscription et obtention d’une clé d’API. Elles exigent une documentation irréprochable et une grande stabilité.
    • API partenaires : réservées à des partenaires identifiés (un transporteur, un fournisseur, un revendeur), avec des accès et des quotas négociés.
    • API internes : utilisées seulement au sein de votre organisation pour faire communiquer vos propres outils. Elles apportent un meilleur contrôle des accès et une trace de qui fait quoi.
    • API composites : elles regroupent plusieurs appels en un seul, pratique quand une page ou une application doit interroger plusieurs services à la fois, par exemple dans une architecture de microservices.

    On les distingue ensuite selon leur style technique. Vous n’avez pas à trancher seul, c’est justement le rôle du développeur, mais avoir une idée du besoin aide à trier les candidatures :

    StylePrincipeQuand on le choisit
    RESTDes ressources identifiées par des URL, manipulées avec les méthodes HTTP (GET, POST, PUT, DELETE). Style décrit par Roy Fielding dans sa thèse en 2000.Le choix par défaut pour la plupart des API web et des intégrations.
    GraphQLUn langage de requête : le client demande exactement les champs dont il a besoin. Créé chez Facebook, aujourd’hui gouverné par la GraphQL Foundation (Linux Foundation).Applications aux écrans riches qui agrègent beaucoup de données différentes.
    SOAPDes messages XML très structurés, avec un contrat formel.Systèmes d’information anciens, banques, assurances, administrations.
    RPCOn appelle des fonctions distantes comme si elles étaient locales, logique orientée actions plutôt que ressources.Communication entre services internes, systèmes distribués.
    WebhooksLe service tiers prévient votre application quand un événement se produit (paiement reçu, commande expédiée).Automatisations et synchronisations en temps réel.

    Dans une PME, le besoin le plus courant n’est d’ailleurs pas de créer une API, mais de consommer celles des autres : relier une boutique en ligne à un logiciel de gestion, synchroniser un CRM et un outil d’e-mailing, automatiser la facturation. Ce travail d’intégration demande surtout de bien lire la documentation des éditeurs et de gérer proprement les erreurs. Pour la conception d’une API propre, nos bonnes pratiques de développement d’API détaillent les points techniques.

    Avez-vous besoin d’un spécialiste à plein temps ?

    Pas forcément. Créer des API simples à intermédiaires fait partie du métier de la plupart des développeurs back-end. Si votre besoin est ponctuel ou limité, votre équipe actuelle peut s’en charger, ou un prestataire peut intervenir sur une mission définie.

    En revanche, un spécialiste devient utile si vous répondez « oui » à l’une de ces questions :

    • Des tâches liées aux API s’accumulent dans la liste des choses à faire sans jamais être prioritaires ?
    • Votre équipe manque de compétences sur la sécurité, la montée en charge ou la documentation des API ?
    • Vous exposez une API à des clients ou partenaires, avec des engagements de disponibilité ?
    • Vous traînez des API anciennes à maintenir ou à remplacer, dont plus personne ne maîtrise le fonctionnement ?
    • Le nombre d’intégrations à gérer augmente d’année en année ?

    Si le besoin est réel mais irrégulier (un gros chantier puis de la maintenance), un poste à plein temps risque d’être sous-utilisé après la phase de construction.

    Quelles compétences vérifier chez un développeur d’API ?

    Au-delà d’un langage (PHP, Python, JavaScript avec Node.js, Java, Go…), voici ce qui distingue un bon développeur d’API :

    • Maîtrise du protocole HTTP : méthodes, codes de statut, en-têtes, cache. La référence actuelle est la RFC 9110 (HTTP Semantics).
    • Authentification et autorisation : clés d’API, jetons, OAuth 2.0 (RFC 6749), et surtout la vérification systématique des droits sur chaque objet demandé.
    • Sécurité : il doit connaître le Top 10 OWASP de la sécurité des API, dont l’édition en vigueur date de 2023. En tête de liste figurent le contrôle d’accès défaillant au niveau des objets (API1), l’authentification défaillante (API2) et le contrôle d’accès défaillant au niveau des propriétés d’objet (API3).
    • Documentation : savoir écrire une spécification OpenAPI (version 3.2.1 publiée le 10 septembre 2026), qui sert à la fois de documentation et de base pour générer des tests.
    • Gestion des versions : faire évoluer une API sans casser les applications existantes.
    • Tests et supervision : tests automatisés, journaux exploitables, alertes.
    • Données personnelles : ne faire transiter que les données nécessaires, en cohérence avec le RGPD.

    Pour évaluer un candidat, un exercice court et concret vaut mieux qu’un long questionnaire : lui faire lire la documentation d’une API existante et expliquer comment il l’intégrerait, lui demander de critiquer une route mal conçue, ou de décrire comment il empêcherait un utilisateur de consulter la commande d’un autre client. La qualité de ses questions en dit autant que ses réponses.

    Comment attirer les bons profils ?

    Les développeurs expérimentés reçoivent de nombreuses sollicitations. Le salaire compte, mais il ne suffit pas toujours à faire la différence face aux grandes entreprises. D’autres leviers pèsent :

    • Un projet clair et intéressant : que construisez-vous, pour qui, avec quels défis techniques ? Un fondateur ou un directeur technique capable d’en parler avec précision rassure et motive.
    • Un environnement technique sain : code versionné, tests, déploiements maîtrisés, temps prévu pour la maintenance. Personne n’a envie de rejoindre un projet où tout brûle en permanence.
    • Une perspective d’évolution : montée en responsabilité, formation, choix d’architecture.
    • La souplesse d’organisation : télétravail partiel ou complet, horaires, équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

    Une fiche de poste précise aide aussi : un cahier des charges même sommaire de ce qu’il faudra construire permet aux candidats de se projeter et vous évite les profils hors sujet.

    Embauche, freelance ou agence : que choisir ?

    OptionPoints fortsPoints faiblesPour qui
    EmbaucheDisponibilité, connaissance fine de vos outils, continuitéRecrutement long, coût fixe même quand la charge baisse, dépendance à une seule personneEntreprise dont le produit repose sur ses API
    FreelanceDémarrage rapide, expertise pointue sur une missionDisponibilité variable, transmission du savoir à organiserMission bien délimitée, équipe technique en place pour reprendre
    AgencePlusieurs compétences (développement, sécurité, hébergement), continuité assurée par une équipeMoins intégrée au quotidien, coût de mission à comparer au coût complet d’un salariéPME sans équipe technique, projets d’intégration et d’automatisation

    À qui appartient le code ? Pour un salarié, le Code de la propriété intellectuelle (article L113-9) prévoit que les droits patrimoniaux sur les logiciels créés dans l’exercice de ses fonctions reviennent à l’employeur, sauf stipulation contraire. Pour un freelance ou une agence, ce n’est pas automatique : la cession doit être écrite, chaque droit cédé mentionné distinctement, avec un domaine d’exploitation délimité (article L131-3). Prévoyez-le dans le contrat, avec la remise du code source et de la documentation.

    Les enjeux sont proches de ceux de toute sous-traitance : définir précisément le périmètre, les livrables et la réversibilité. Chez Osmova, on intervient justement sur ce type de besoin via notre offre d’intégration et d’automatisation : audit des flux, intégration d’une API simple ou automatisation multi-outils, chiffrés selon le projet. Pour un logiciel complet, voyez nos applications web sur mesure.

    Comment se déroule un projet d’API bien mené ?

    Que vous recrutiez ou que vous fassiez appel à un prestataire, un projet d’API sérieux suit à peu près toujours les mêmes étapes. Les connaître vous aide à juger si la personne en face travaille avec méthode :

    1. Cartographier les flux : quels logiciels échangent quelles données, dans quel sens, à quelle fréquence, et qui en est responsable. C’est souvent là que l’on découvre des doublons et des ressaisies manuelles.
    2. Écrire le contrat avant le code : décrire les routes, les formats et les erreurs dans une spécification (OpenAPI pour une API REST), puis la faire valider par ceux qui vont l’utiliser.
    3. Développer par petites étapes, avec un environnement de test séparé de la production et des données fictives.
    4. Sécuriser dès le départ : authentification, droits par utilisateur, limitation du nombre d’appels, journalisation. Ajouter la sécurité à la fin coûte toujours plus cher.
    5. Tester automatiquement les cas normaux et les cas d’erreur (service tiers indisponible, donnée manquante, doublon).
    6. Documenter et transmettre : documentation à jour, accès partagés, procédure en cas de panne.
    7. Surveiller en production : alertes sur les erreurs et les lenteurs, suivi des changements de version annoncés par les éditeurs des API tierces.

    Un candidat ou un prestataire qui saute directement à l’étape 3 sans poser de questions sur les deux premières est un signal d’alerte.

    Quelles erreurs éviter ?

    • Recruter avant d’avoir défini le besoin : sans liste des intégrations et des flux de données, impossible de juger un candidat.
    • Tester uniquement le langage, pas la sécurité ni la capacité à documenter.
    • Laisser tout le savoir dans une seule tête : exigez une documentation à jour et des accès partagés (dépôt de code, hébergement, comptes chez les services tiers).
    • Oublier la maintenance : les API tierces évoluent, changent de version ou ferment. Une intégration non surveillée finit par casser en silence.
    • Négliger le contrat avec un prestataire : propriété du code, remise des sources, confidentialité, traitement des données personnelles.

    Questions fréquentes

    Quelle est la différence entre un développeur back-end et un développeur d’API ?

    Le développeur d’API est un développeur back-end spécialisé dans la conception, la sécurité et la documentation des interfaces entre logiciels. Beaucoup de développeurs back-end savent créer des API simples ; le spécialiste apporte la rigueur nécessaire quand l’API est critique ou ouverte à des tiers.

    Quels langages utilise un développeur d’API ?

    Tous les langages côté serveur conviennent : PHP, Python, JavaScript (Node.js), Java, Go, C#. Le choix dépend surtout de votre existant et de l’équipe qui maintiendra le code.

    REST ou GraphQL : lequel choisir ?

    REST reste le choix par défaut, simple et bien outillé. GraphQL se justifie quand des applications clientes doivent assembler beaucoup de données différentes et que vous voulez éviter la multiplication des appels.

    Faut-il un développeur pour connecter deux logiciels du marché ?

    Pas toujours. Si les deux outils proposent une connexion native ou sont compatibles avec un outil d’automatisation, une configuration peut suffire. Dès qu’il faut transformer des données, gérer des erreurs ou des volumes importants, un développement devient plus fiable.

    Comment s’assurer qu’une API est sécurisée ?

    En vérifiant au minimum les points du Top 10 OWASP API Security : contrôle des droits sur chaque objet, authentification robuste, limitation du nombre d’appels, inventaire des API exposées. Un audit ou des tests d’intrusion complètent la démarche. Nos conseils sur la sécurité des applications web donnent une vue plus large.

    Sources

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