SVG, PNG, PDF, EPS : chaque format de logo a son usage. Ce qu'il faut envoyer à un imprimeur, mettre sur son site et exiger dans le kit livré par son graphiste.
Un logo se livre en deux familles de fichiers : les vectoriels (SVG, PDF, EPS, AI), qui s’agrandissent sans perte et servent à l’impression et aux retouches, et les matriciels (PNG, JPG, WebP), faits de pixels, pour les écrans. Retenez trois réflexes : le SVG pour votre site et pour tout ce qui doit rester net, le PNG à fond transparent pour les réseaux sociaux et les documents bureautiques, le PDF vectoriel pour l’imprimeur. L’EPS reste accepté par beaucoup d’imprimeurs, mais c’est un format vieillissant.
Après la création de votre logo, vous recevez souvent un dossier rempli de fichiers aux extensions différentes, en couleur, en noir, en blanc, en RVB, en CMJN. On explique ici à quoi sert chaque format, comment l’ouvrir, lequel envoyer à qui, et ce qu’un kit logo complet doit contenir.
- Quels sont les formats de fichiers d’un logo ?
- Quelle différence entre un fichier vectoriel et un fichier matriciel ?
- Quand utiliser un logo en PNG ?
- Quand utiliser un logo en SVG ?
- Le format EPS est-il encore utile ?
- Pourquoi avoir son logo en PDF ?
- Et le JPG, le WebP ou le fichier AI ?
- Quel format de logo pour quel usage ?
- Que doit contenir le kit logo livré par votre graphiste ?
- Quelles erreurs éviter avec ses fichiers de logo ?
- Questions fréquentes
- Sources
Quels sont les formats de fichiers d’un logo ?
Un fichier se reconnaît à son extension : logo.png, logo.svg, logo.eps… Voici les formats que l’on rencontre dans un dossier de logo, avec leur rôle en une ligne :
| Format | Type | Transparence | Usage principal |
|---|---|---|---|
| SVG | Vectoriel | Oui | Site web, applications, envoi à un prestataire |
| Vectoriel (si exporté depuis un logiciel vectoriel) | Oui | Impression, envoi à un imprimeur | |
| EPS | Vectoriel | Oui | Impression, compatibilité avec d’anciens flux de production |
| AI | Vectoriel | Oui | Fichier source Adobe Illustrator, pour les retouches |
| PNG | Matriciel | Oui | Réseaux sociaux, présentations, documents Word, e-mails |
| JPG | Matriciel | Non | Photos avec logo sur fond plein, rarement utile pour le logo seul |
| WebP | Matriciel | Oui | Images légères pour le web |
Quelle différence entre un fichier vectoriel et un fichier matriciel ?
Un fichier matriciel (on dit aussi bitmap ou raster) est une grille de pixels de couleur. Il a une taille fixe : un PNG de 500 pixels de large affiché sur 2000 pixels devient flou ou crénelé, car le logiciel doit inventer les pixels manquants.
Un fichier vectoriel décrit le logo par des formes géométriques : points, courbes, remplissages. L’ordinateur recalcule le dessin à chaque affichage, ce qui permet de l’imprimer aussi bien sur une carte de visite que sur une bâche de 4 mètres, sans aucune perte de netteté. C’est pour cette raison que le fichier maître d’un logo doit toujours être vectoriel. Notre article sur le fichier vectoriel approfondit le sujet.
Point essentiel : on peut toujours tirer un PNG d’un fichier vectoriel, l’inverse n’est pas vrai. Enregistrer un PNG « en EPS » ou « en PDF » ne le rend pas vectoriel, il reste une image de pixels emballée dans un autre format. Seul un redessin (vectorisation) produit un vrai fichier vectoriel.
Quand utiliser un logo en PNG ?

Le PNG (Portable Network Graphics) est le format matriciel le plus pratique pour un logo. Sa compression est sans perte : l’image ne se dégrade pas à chaque enregistrement, contrairement au JPG. Il gère la transparence, ce qui permet de poser le logo sur un fond coloré ou une photo sans rectangle blanc autour. Enfin, il s’ouvre partout : ordinateur, smartphone, navigateur, suite bureautique.
Utilisez le PNG pour :
- les photos de profil et de couverture sur les réseaux sociaux ;
- les présentations PowerPoint, Keynote ou Google Slides ;
- les en-têtes de documents Word ou Google Docs ;
- les signatures d’e-mail ;
- les places de marché et plateformes qui n’acceptent pas le SVG ;
- le filigrane sur vos photos.
Sa limite : le PNG a une taille fixe. Demandez-le en plusieurs dimensions, dont une grande (au moins 2000 pixels de large) pour pouvoir le réduire proprement. Et ne l’envoyez pas à un imprimeur si vous disposez d’un vectoriel.
Quand utiliser un logo en SVG ?

Le SVG (Scalable Vector Graphics) est un format vectoriel ouvert, normalisé par le W3C, l’organisme qui définit les standards du web. C’est un fichier texte au format XML : il reste léger, s’affiche net sur tous les écrans, y compris haute densité, et tous les navigateurs actuels le lisent sans extension.
Utilisez le SVG pour :
- le logo dans l’en-tête et le pied de page de votre site ;
- les applications web et mobiles ;
- l’envoi à un développeur, un graphiste ou une agence ;
- les documents Microsoft Office récents : Microsoft indique que le SVG est pris en charge à partir d’Office 2019 ;
- l’impression, quand l’imprimeur l’accepte (demandez-lui, sinon envoyez un PDF).
Deux nuances utiles. D’abord, WordPress refuse encore par défaut l’import de fichiers SVG dans la médiathèque, pour une raison de sécurité : un SVG peut contenir du code. On l’active avec une extension qui nettoie les fichiers à l’import, ou le thème intègre directement le logo dans son code. Ensuite, pour le favicon (la petite icône affichée dans l’onglet et dans les résultats Google), la documentation de Google Search liste les formats BMP, GIF, ICO, PNG, JPEG, PPM et TIFF, sans le SVG : prévoyez donc une version PNG ou ICO carrée. Notre article sur le favicon détaille les tailles.
Pour ouvrir un SVG, un simple navigateur suffit (glissez le fichier dans une fenêtre Chrome, Firefox, Edge ou Safari). Pour le modifier, il faut un logiciel vectoriel : Adobe Illustrator, Inkscape (gratuit et open source) ou Affinity, devenu gratuit depuis le 30 octobre 2025 après son rachat par Canva.
Le format EPS est-il encore utile ?

L’EPS (Encapsulated PostScript) est un format vectoriel créé par Adobe à l’époque où l’impression reposait sur le langage PostScript. Il a longtemps été le format de référence pour envoyer un logo à un imprimeur, un brodeur ou un fabricant d’enseignes, et beaucoup l’acceptent toujours.
Il est cependant en perte de vitesse. Microsoft a désactivé l’insertion de fichiers EPS dans Office en avril 2017, puis supprimé le contournement en mai 2018, en expliquant que les EPS peuvent contenir des scripts exploitables pour des attaques. Microsoft recommande à la place le SVG ou l’EMF. Adobe continue de le lire dans ses logiciels professionnels, mais les imprimeurs se tournent de plus en plus vers le PDF.
Notre conseil : gardez un EPS dans votre kit pour les prestataires qui le réclament (textile, enseigne, objets publicitaires), mais privilégiez le PDF vectoriel ou le SVG quand on vous laisse le choix. Pour l’ouvrir ou le modifier, il faut un logiciel vectoriel comme Adobe Illustrator ou Affinity.
Pourquoi avoir son logo en PDF ?

Le PDF (Portable Document Format), créé par Adobe, est aujourd’hui une norme ouverte maintenue par l’ISO (famille ISO 32000). On l’associe aux documents texte, mais un PDF exporté depuis un logiciel vectoriel conserve les tracés du logo : il est alors aussi net qu’un EPS, avec l’avantage de s’ouvrir sur n’importe quel ordinateur ou téléphone.
C’est devenu le format le plus sûr pour l’impression : cartes de visite, flyers, affiches, autocollants, étiquettes, textiles. Il permet aussi de montrer le logo à quelqu’un qui n’a aucun logiciel de graphisme. Pour le lire, un navigateur ou Adobe Acrobat Reader (gratuit) suffit ; pour le modifier, il faut Illustrator, Affinity ou Inkscape.
Attention au piège déjà évoqué : un PDF créé à partir d’un PNG (par exemple via « Imprimer en PDF ») reste une image de pixels. Pour vérifier, zoomez fortement dans le PDF : si les bords du logo restent parfaitement nets, il est vectoriel.
Et le JPG, le WebP ou le fichier AI ?
- JPG : format matriciel avec compression destructive et sans transparence. Le logo apparaît dans un rectangle de couleur, et les aplats nets typiques d’un logo génèrent des artefacts autour des contours. À réserver aux cas où une plateforme l’impose.
- WebP : format matriciel récent, plus léger que le PNG à qualité équivalente, avec transparence. WordPress l’accepte nativement depuis sa version 5.8. Utile pour les images d’un site, mais pour le logo lui-même, le SVG reste préférable.
- AI : fichier de travail natif d’Adobe Illustrator, avec calques et éléments de construction. C’est la source que votre graphiste modifiera. Demandez-le (ou l’équivalent de son logiciel) à la fin du projet : c’est votre assurance de pouvoir faire évoluer le logo plus tard avec un autre prestataire.
Quel format de logo pour quel usage ?
| Usage | Format conseillé | Alternative |
|---|---|---|
| En-tête de site web | SVG | PNG ou WebP en haute résolution |
| Favicon | PNG ou ICO carré | SVG en complément pour les navigateurs qui le gèrent |
| Réseaux sociaux | PNG | JPG si la plateforme l’impose |
| Word, PowerPoint, Google Docs | PNG transparent | SVG dans Office 2019 et versions ultérieures |
| Signature d’e-mail | PNG | Aucune : beaucoup de messageries n’affichent pas le SVG |
| Cartes de visite, flyers, affiches | PDF vectoriel en CMJN | EPS ou SVG selon l’imprimeur |
| Textile, broderie, enseigne, véhicule | PDF vectoriel ou EPS | AI ou SVG |
| Modification par un graphiste | AI ou SVG | EPS, PDF vectoriel |
Que doit contenir le kit logo livré par votre graphiste ?
Un logo professionnel ne se résume pas à un fichier. Un kit complet croise trois dimensions :
- Les formats : au minimum un fichier source (AI ou équivalent), un SVG, un PDF vectoriel, un EPS si vos prestataires le demandent, et des PNG en plusieurs tailles.
- Les modes colorimétriques : RVB pour les écrans, CMJN pour l’impression quadrichromie, et idéalement les références Pantone si votre logo doit être imprimé en tons directs. Notre article sur le CMJN explique pourquoi les couleurs ne rendent pas pareil à l’écran et sur papier.
- Les déclinaisons : version couleur, version noire, version blanche (pour les fonds foncés), et selon le logo une version horizontale, verticale et un symbole seul pour les petits formats (avatar, favicon).
Ces fichiers doivent s’accompagner d’une page de règles d’usage : zone de protection autour du logo, taille minimale, couleurs de fond autorisées. C’est le rôle de la charte graphique. Quand on conçoit un logo dans le cadre d’une création d’identité visuelle, c’est ce type de dossier que l’on livre, avec les fichiers sources. Le budget dépend du projet : voir nos tarifs indicatifs.
Quelles erreurs éviter avec ses fichiers de logo ?
- Agrandir un PNG pour une impression grand format : le résultat sera flou. Repartez du vectoriel.
- Récupérer son logo sur son propre site ou sur un réseau social pour l’envoyer à un imprimeur : ces images sont compressées et souvent petites.
- Envoyer du RVB à l’imprimeur sans prévenir : les couleurs vives, notamment certains bleus et verts, peuvent ressortir ternes après conversion en CMJN.
- Oublier de vectoriser les textes : si le logo contient une police qui n’est pas installée chez le destinataire, elle sera remplacée. Dans les fichiers de livraison, les textes doivent être convertis en tracés.
- Ne pas récupérer les fichiers sources en fin de projet : sans eux, la moindre modification oblige à redessiner le logo.
- Utiliser un JPG sur fond coloré : le rectangle blanc autour du logo trahit immédiatement un fichier inadapté.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur format pour un logo ?
Il n’y en a pas un seul : le fichier maître doit être vectoriel (AI, SVG ou PDF), et l’on en décline des PNG pour les usages bureautiques et les réseaux sociaux. Si vous ne deviez garder qu’un format polyvalent, ce serait le SVG pour le numérique et le PDF vectoriel pour l’impression.
Quel format de logo pour un fond transparent ?
Le PNG pour un usage courant, le SVG pour le web et l’impression. Le JPG, lui, ne gère pas la transparence.
Quel format envoyer à un imprimeur ?
Un PDF vectoriel en CMJN, sauf consigne contraire de sa part. Certains imprimeurs, brodeurs ou fabricants d’enseignes demandent encore un EPS ou un AI : posez la question avant l’envoi.
Comment savoir si mon logo est vraiment vectoriel ?
Ouvrez-le et zoomez très fort (800 % ou plus). Si les contours restent parfaitement nets, il est vectoriel. S’ils deviennent pixelisés ou flous, c’est une image matricielle, même si l’extension est .pdf, .eps ou .svg.
Peut-on transformer un logo PNG en vectoriel ?
Oui, mais pas par une simple conversion de format. Les outils de vectorisation automatique donnent des résultats corrects sur des formes simples et approximatifs sur le reste. Pour un logo utilisé partout, un graphiste le redessine proprement, ce qui prend généralement peu de temps pour un logo simple.
Sources
- W3C : Scalable Vector Graphics (SVG) 2
- Microsoft : la prise en charge des images EPS a été désactivée dans Office
- Adobe : qu’est-ce qu’un fichier EPS ?
- Adobe : à propos du format PDF
- Google Search Central : définir le favicon affiché dans les résultats de recherche
- WordPress Trac : ticket 24251 sur l’ajout du SVG aux types de fichiers autorisés
- 9to5Mac : Affinity devient une application gratuite (30 octobre 2025)
- Inkscape : logiciel de dessin vectoriel libre




