Le SaaS est un logiciel utilisé par Internet sur abonnement, hébergé et maintenu par l'éditeur. Définition, différence avec le cloud, données, sécurité, changement de fournisseur et modèles de tarification.
Le SaaS (Software as a Service, ou logiciel en tant que service) est un logiciel que l’on utilise par Internet, le plus souvent dans un navigateur, au lieu de l’installer sur ses propres ordinateurs ou serveurs. L’éditeur héberge l’application, gère les serveurs, les mises à jour et la sécurité ; le client paie un abonnement, en général par mois ou par utilisateur. Gmail, Microsoft 365, Salesforce, Slack ou Canva sont des SaaS.
Les dirigeants que l’on accompagne se posent toujours les mêmes questions avant d’adopter un SaaS, ou d’en créer un. On y répond ici : définition, différence avec le cloud, avantages et limites, propriété et sécurité des données, changement de fournisseur, et modèles économiques.
- Qu’est-ce que le SaaS ?
- Quelle différence entre SaaS, PaaS, IaaS et cloud ?
- D’où vient le SaaS ?
- Quels sont les avantages et les limites du SaaS ?
- SaaS ou logiciel installé : comment choisir ?
- Peut-on personnaliser un logiciel SaaS ?
- À qui appartiennent vos données dans un SaaS ?
- Vos données sont-elles en sécurité dans un SaaS ?
- Que se passe-t-il si le fournisseur disparaît ou si vous voulez en changer ?
- Quels sont les modèles économiques du SaaS ?
- Questions fréquentes
- Sources
Qu’est-ce que le SaaS ?

La définition de référence vient du NIST, l’institut américain des normes, dans sa publication SP 800-145 sur le cloud computing. Le SaaS y désigne la possibilité d’utiliser les applications d’un fournisseur qui tournent sur une infrastructure cloud, accessibles depuis différents appareils via un navigateur ou une interface de programmation. Le client ne gère ni ne contrôle l’infrastructure sous-jacente (réseau, serveurs, systèmes d’exploitation, stockage), ni même les fonctions de l’application, à l’exception de quelques réglages propres à ses utilisateurs.
Le SaaS se distingue du logiciel traditionnel installé « sur site » (on-premise) sur deux points :
- Pas d’infrastructure à gérer : pas de serveur à acheter, pas d’installation, pas de mises à jour à déployer. L’essentiel des tâches informatiques est externalisé chez l’éditeur.
- Un abonnement plutôt qu’une licence : le logiciel sur site s’achète souvent via une licence payée d’avance, à laquelle s’ajoutent des frais annuels de maintenance ; l’abonnement SaaS inclut en général l’accès, l’hébergement, les mises à jour et le support.
C’est aujourd’hui le mode de distribution par défaut de la plupart des logiciels professionnels, de la comptabilité à la gestion de la relation client en passant par la paie et la visioconférence.
Quelle différence entre SaaS, PaaS, IaaS et cloud ?
Le cloud désigne l’ensemble des ressources informatiques (serveurs, stockage, bases de données, logiciels) louées à la demande et accessibles par Internet. La puissance est évolutive : on en loue plus ou moins selon ses besoins. Le SaaS n’est qu’une des trois grandes familles de services cloud définies par le NIST :
| Modèle | Ce qu’on loue | Ce que gère le client | Exemples |
|---|---|---|---|
| IaaS (infrastructure) | Serveurs virtuels, stockage, réseau | Système d’exploitation, logiciels, données | Amazon EC2, OVHcloud Public Cloud |
| PaaS (plateforme) | Un environnement prêt pour déployer du code | Son application et ses données | Google App Engine, Azure App Service |
| SaaS (logiciel) | Une application prête à l’emploi | Ses données et quelques réglages | Microsoft 365, Salesforce, Canva |

Tout SaaS est donc du cloud, mais tout le cloud n’est pas du SaaS. Beaucoup d’éditeurs SaaS s’appuient d’ailleurs eux-mêmes sur de l’IaaS ou du PaaS loué chez de grands fournisseurs. Pour aller plus loin, notre article sur le cloud computing détaille ces modèles.
Et le cloud privé ?
Un cloud privé reprend les technologies du cloud public (virtualisation, accès par navigateur, ressources à la demande) mais les réserve à une seule organisation, sur ses propres serveurs ou chez un hébergeur dédié. Il offre plus de contrôle, au prix d’une équipe informatique pour l’exploiter et d’investissements importants. Il intéresse surtout les grandes organisations qui ne veulent pas confier certaines données à une infrastructure partagée. Entre les deux, le cloud hybride combine ressources privées et publiques.
D’où vient le SaaS ?
L’idée est ancienne. En 1961, lors d’un discours pour le centenaire du MIT, l’informaticien John McCarthy suggérait que la puissance de calcul, et même des applications, pourraient un jour être vendues comme un service public, à la manière de l’eau ou de l’électricité.
Il a fallu attendre la maturité du web, à la fin des années 1990, pour que le modèle devienne réaliste. Salesforce, fondée en mars 1999 à San Francisco, a été l’un des pionniers : l’entreprise proposait un logiciel de gestion de la relation client (CRM) accessible par navigateur, et a lancé officiellement son offre en février 2000 lors d’un événement sur le thème de « la fin du logiciel ». Longtemps regardé avec méfiance par les grandes entreprises, le SaaS s’est imposé dans les années 2010 et couvre aujourd’hui presque toutes les fonctions de l’entreprise.
Quels sont les avantages et les limites du SaaS ?
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Démarrage immédiat, sans installation | Dépendance à la connexion Internet |
| Coût étalé dans le temps, pas d’investissement initial lourd | Coût cumulé qui peut dépasser une licence sur plusieurs années |
| Mises à jour et sécurité gérées par l’éditeur | Évolutions imposées, parfois non souhaitées |
| Accessible partout, sur tout appareil | Personnalisation limitée à ce que l’éditeur prévoit |
| Nombre d’utilisateurs ajustable | Dépendance à l’éditeur (prix, pérennité, conditions) |
| Intégrations prêtes avec d’autres outils | Données hébergées hors de l’entreprise, parfois hors d’Europe |
La dépendance à Internet est la limite la plus citée, mais aucun système n’est à l’abri d’une panne : un serveur installé dans vos locaux subit aussi coupures de courant et pannes matérielles. Certains SaaS proposent un mode hors ligne qui synchronise les données au retour de la connexion. Quant au système d’exploitation, la question ne se pose presque plus : une application dans le navigateur fonctionne sous Windows, macOS ou Linux.
SaaS ou logiciel installé : comment choisir ?
Commencez par évaluer la spécificité de votre activité :
- Votre fonctionnement est-il très différent de celui des autres entreprises de votre secteur ?
- Les logiciels du marché couvrent-ils vos besoins, ou faudrait-il les contourner ?
- Quel niveau de personnalisation vous faut-il vraiment ?
- Vos données sont-elles soumises à des exigences particulières (santé, défense, secteur public) ?
- Quel budget sur trois à cinq ans, et pas seulement la première année ?
Pour la grande majorité des besoins standards (messagerie, comptabilité, CRM, facturation), le SaaS est le choix le plus simple et le plus économique. Le logiciel installé ou le développement sur mesure se justifient quand vos processus sont atypiques, que vous avez besoin d’un contrôle total ou que l’addition des abonnements devient excessive. Entre les deux, on peut aussi relier plusieurs SaaS entre eux pour qu’ils s’échangent les données automatiquement : c’est l’objet de nos prestations d’intégration et d’automatisation.
Peut-on personnaliser un logiciel SaaS ?
Oui, dans le cadre prévu par l’éditeur. La plupart des SaaS permettent d’adapter l’interface (logo, couleurs), d’ajouter des champs personnalisés, d’activer ou désactiver des modules, de créer des flux de validation. Chaque utilisateur peut souvent configurer son propre tableau de bord ou sa liste de tâches.

Pour aller au-delà, la plupart des SaaS proposent une API qui permet de les connecter à vos autres outils ou de développer des extensions. En revanche, vous ne pouvez pas modifier le cœur du logiciel : c’est la contrepartie de la mutualisation. Si votre besoin ne rentre dans aucun outil existant, un logiciel sur mesure devient une option à étudier.
À qui appartiennent vos données dans un SaaS ?
À vous, dans la très grande majorité des contrats : l’éditeur héberge les données, il n’en devient pas propriétaire. Vérifiez-le dans les conditions générales et l’accord de niveau de service (SLA), et méfiez-vous de toute clause qui accorderait à l’éditeur des droits étendus sur vos données.
Dès que le SaaS traite des données personnelles (clients, salariés, prospects), le RGPD s’applique : l’éditeur agit en tant que sous-traitant, et l’article 28 impose un contrat qui précise notamment qu’au terme de la prestation, il supprime toutes les données ou vous les renvoie, selon votre choix. Vérifiez aussi où les données sont hébergées et si elles sont transférées hors de l’Union européenne.
Avant de signer, examinez dans le contrat :
- la propriété des données et vos droits d’export (formats, fréquence) ;
- les engagements de l’éditeur : disponibilité garantie, support, sauvegardes, sécurité, pénalités en cas de manquement ;
- vos propres obligations, par exemple signaler un incident dans un délai donné ;
- les conditions de sortie : préavis, récupération des données, suppression, assistance à la migration.
Vos données sont-elles en sécurité dans un SaaS ?
En général, au moins autant que sur un serveur dans vos locaux. Un éditeur SaaS sérieux investit dans la sécurité, la redondance et les sauvegardes bien plus qu’une PME ne peut le faire seule. La sécurité ne dépend pas de l’endroit où se trouve le serveur, mais de la façon dont il est géré.
Le risque se situe souvent du côté du client : mots de passe faibles ou réutilisés, comptes d’anciens salariés jamais désactivés, droits trop larges, partages publics oubliés. Les bonnes pratiques de base font l’essentiel du travail : authentification à deux facteurs, gestion des accès à l’arrivée et au départ des collaborateurs, export régulier des données critiques.
Pour les données sensibles, en France, l’ANSSI délivre la qualification SecNumCloud aux offres cloud (y compris SaaS) qui respectent un référentiel exigeant, couvrant la sécurité technique, l’exploitation et la protection contre l’application de lois extraterritoriales.
Que se passe-t-il si le fournisseur disparaît ou si vous voulez en changer ?
Les éditeurs de logiciels naissent, fusionnent et disparaissent. Vos données, elles, restent les vôtres, à condition de pouvoir les récupérer. Avant de choisir un fournisseur, regardez son ancienneté, l’évolution de son nombre de clients, la publication d’une feuille de route, et vérifiez que le contrat prévoit un export complet dans un format exploitable.
Le cadre européen a nettement renforcé vos droits. Le règlement européen sur les données (Data Act, règlement 2023/2854), applicable depuis le 12 septembre 2025, s’applique aussi aux fournisseurs de SaaS et organise le changement de prestataire :
- le fournisseur ne peut pas exiger un préavis de plus de deux mois pour lancer le changement ;
- la transition doit se faire dans une période maximale de 30 jours, prolongeable jusqu’à sept mois seulement si c’est techniquement justifié ;
- vous disposez d’au moins 30 jours pour récupérer vos données après cette période ;
- les frais de changement sont limités aux coûts réellement engagés, puis interdits à partir du 12 janvier 2027.
En pratique, faites tout de même des exports réguliers de vos données essentielles : c’est la meilleure assurance contre une défaillance brutale.
Quels sont les modèles économiques du SaaS ?
Le SaaS est lui-même un modèle économique : des revenus récurrents plutôt qu’une vente unique. Mais il existe plusieurs façons de fixer le prix d’un abonnement. Si vous créez un SaaS, c’est une décision à prendre avant de développer, pas après.
| Modèle | Principe | Avantage | Risque |
|---|---|---|---|
| Freemium | Une version gratuite limitée, des fonctions payantes | Attire beaucoup d’utilisateurs | Coûte cher si peu d’utilisateurs passent à l’offre payante |
| Prix forfaitaire | Un prix unique pour tout le logiciel | Très simple à comprendre et à vendre | Laisse de l’argent sur la table avec les gros clients |
| À l’usage | On paie selon la consommation (stockage, envois, transactions) | Perçu comme équitable, accessible aux petits clients | Revenus moins prévisibles |
| Par utilisateur | Un prix par compte ou par siège | Familier, grandit avec le client | Incite à partager les comptes |
| Par paliers | Plusieurs offres (souvent trois ou quatre) de plus en plus complètes | Adapte le prix à chaque profil, facilite la montée en gamme | Trop de paliers rendent le choix confus |
| Hybride | Combinaison des modèles, par exemple paliers et prix par utilisateur | Souplesse | Complexité à expliquer |
Quelques principes valent pour tous les modèles :
- Restez simple : un client doit comprendre en quelques secondes ce qu’il paiera.
- Alignez le prix sur la valeur perçue : ce qui fait gagner du temps ou de l’argent au client.
- Adaptez le modèle quand il ne fonctionne plus : un prix n’est pas gravé dans le marbre.
- Soignez le succès client : avec un abonnement, un client insatisfait part facilement. Support réactif, écoute des retours et améliorations régulières font la rétention.
Si vous envisagez de créer votre propre SaaS, commencez par une version réduite pour tester l’intérêt du marché : notre article sur le produit minimum viable explique la démarche. On conçoit et développe ce type d’outils dans le cadre de nos applications web sur mesure.
Questions fréquentes
Quels sont des exemples de logiciels SaaS ?
Microsoft 365 et Google Workspace pour la bureautique, Salesforce et HubSpot pour la relation client, Slack pour la messagerie d’équipe, Canva pour la création graphique, Shopify pour le e-commerce, ou encore de nombreux logiciels de comptabilité et de paie.
Le SaaS est-il moins cher qu’un logiciel acheté ?
À court terme, presque toujours, car il n’y a ni licence ni serveur à payer d’avance. Sur plusieurs années, il faut comparer le coût total : abonnements cumulés d’un côté, licence, maintenance, matériel et temps informatique de l’autre.
Un site WordPress est-il un SaaS ?
Non, WordPress auto-hébergé est un logiciel libre que vous installez sur votre hébergement. En revanche, WordPress.com, Wix ou Shopify sont des services hébergés qui fonctionnent sur le modèle SaaS.
Que vérifier avant de souscrire un SaaS ?
La couverture de vos besoins, le lieu d’hébergement des données, le contrat de sous-traitance RGPD, la disponibilité garantie, les conditions d’export et de sortie, le support, et l’évolution prévisible des prix.
Peut-on utiliser un SaaS hors ligne ?
Certains le permettent, avec une synchronisation au retour de la connexion (messagerie, traitement de texte, prise de notes). La plupart des SaaS de gestion nécessitent en revanche une connexion active.
Sources
- NIST SP 800-145 : The NIST Definition of Cloud Computing
- Règlement (UE) 2023/2854 sur les données (Data Act), EUR-Lex
- Commission européenne : présentation du Data Act
- Maples Group : le cadre de changement de fournisseur du Data Act
- CNIL : RGPD, chapitre IV (article 28, sous-traitants)
- ANSSI : SecNumCloud
- Salesforce : l’histoire de Salesforce
- John McCarthy et l’informatique comme service public (Wikipédia)





