Avec ou sans www, Google ne favorise aucune version. L'essentiel est d'en choisir une, de rediriger l'autre en 301 et de rester cohérent : méthode, exemples de configuration et critères techniques.
Pour le référencement, avoir une adresse avec ou sans www ne change rien : Google ne favorise aucune des deux. Ce qui compte, c’est de choisir une seule version, de rediriger l’autre vers elle par une redirection permanente (301) et d’utiliser cette version partout (balise canonical, sitemap, liens internes). Le choix se fait sur des critères techniques : la version avec www est plus souple avec un CDN et pour isoler les cookies, la version sans www est plus courte. Sur un site existant, gardez celle que vous avez.
La question revient à chaque création de site et à chaque refonte. On explique ici ce qu’est réellement le www, ce que Google en dit, comment mettre en place la redirection sur Apache, Nginx ou WordPress, les vrais avantages techniques de chaque option et les erreurs qui, elles, peuvent coûter du trafic.
- Qu’est-ce que le www dans une adresse web ?
- www ou sans www : lequel est le meilleur pour le SEO ?
- Comment choisir sa version et rediriger l’autre ?
- Peut-on garder les deux versions accessibles ?
- Quels sont les avantages et inconvénients techniques de chaque option ?
- Faut-il changer de version sur un site existant ?
- Quelles erreurs éviter ?
- Questions fréquentes
- Sources
Qu’est-ce que le www dans une adresse web ?

Le www (pour World Wide Web) n’est ni un protocole ni une obligation : c’est un sous-domaine, exactement comme blog.exemple.fr ou boutique.exemple.fr. Aux débuts du web, les entreprises hébergeaient plusieurs services sur des machines différentes et les nommaient selon leur usage : www pour le serveur web, mail pour la messagerie, ftp pour les transferts de fichiers. L’habitude est restée.
L’adresse sans www (exemple.fr) correspond à la racine du domaine, qu’on appelle domaine nu, domaine racine ou apex. Ce sont donc techniquement deux adresses distinctes, qui peuvent pointer vers des serveurs différents, afficher des contenus différents, voire ne pas exister toutes les deux :
- avec www :
https://www.exemple.fr - sans www :
https://exemple.fr
Si les notions d’URL, de domaine et de sous-domaine ne vous sont pas familières, nos articles sur la définition d’une URL et le choix entre sous-domaine et sous-répertoire posent les bases.
www ou sans www : lequel est le meilleur pour le SEO ?
Aucun. Google ne donne pas d’avantage de classement à l’une ou l’autre forme. En revanche, puisque ce sont deux adresses distinctes, Google peut les traiter comme deux versions d’un même contenu. Si les deux répondent sans redirection, vous créez du contenu dupliqué : Google doit choisir lui-même quelle version afficher (l’URL « canonique »), et les liens que vous recevez peuvent se répartir entre les deux.
Google indique que vous pouvez lui signaler votre version préférée de trois façons, de la plus forte à la plus faible :
- Une redirection : signal fort que la cible doit devenir canonique.
- Une balise
rel="canonical"dans chaque page : signal fort également. - La présence dans le sitemap : signal faible.
Les combiner renforce le message. Pour la redirection, le type compte : Google explique qu’une redirection permanente (301 ou 308) est utilisée comme signal que la cible doit être canonique, alors qu’une redirection temporaire (302 ou 307) ne l’est pas. Pour un choix www ou sans www, qui est définitif, c’est donc toujours une 301 ou une 308.
Exemple concret avec notre propre site : osmova.com a choisi la version sans www. Taper www.osmova.com renvoie, par redirection 301, vers https://osmova.com. C’est cette cohérence qui compte, bien plus que le choix lui-même.
Comment choisir sa version et rediriger l’autre ?
La démarche tient en six étapes :
- Choisir la version selon les critères techniques détaillés plus bas (ou garder l’existante).
- Vérifier le DNS : les deux noms doivent exister (un enregistrement pour la racine, un pour www), sinon la version non choisie renvoie une erreur au lieu de rediriger.
- Vérifier le certificat SSL : il doit couvrir les deux noms, sinon le visiteur qui tape la mauvaise version voit une alerte de sécurité avant même la redirection.
- Mettre en place la redirection 301 de la version non choisie vers la version choisie, en conservant le chemin de la page (www.exemple.fr/contact doit aller vers exemple.fr/contact, pas vers l’accueil).
- Aligner tous les signaux : balises canonical, sitemap XML, liens internes, balises hreflang s’il y en a, profils sur les réseaux sociaux et fiche Google Business Profile.
- Déclarer le site dans Google Search Console sous forme de propriété de domaine : validée par un enregistrement DNS, elle couvre à la fois le www, le sans www, le HTTP et le HTTPS, et vous permet de vérifier que seule la bonne version est indexée.
Sur un serveur Apache, pour rediriger la version www vers la version sans www, dans le fichier .htaccess :
RewriteEngine On
RewriteCond %{HTTP_HOST} ^www\.exemple\.fr$ [NC]
RewriteRule ^(.*)$ https://exemple.fr/$1 [R=301,L]
Sur Nginx, un bloc serveur dédié à la version à rediriger :
server {
listen 443 ssl;
server_name www.exemple.fr;
# certificat SSL couvrant www.exemple.fr
return 301 https://exemple.fr$request_uri;
}
Sur WordPress, la version se règle dans Réglages, Général, champs « Adresse web de WordPress » et « Adresse web du site ». WordPress redirige ensuite de lui-même l’autre variante, à condition que les deux noms pointent bien vers le serveur. Faites le changement sur un site sauvegardé : une faute de frappe dans ces champs rend l’administration inaccessible.
Peut-on garder les deux versions accessibles ?

Techniquement oui, mais c’est déconseillé. Deux versions accessibles sans redirection, c’est du contenu dupliqué à l’échelle de tout le site, des statistiques éclatées et des liens entrants dispersés.
Si une contrainte technique empêche vraiment la redirection (hébergement très limité, plateforme fermée), le repli est la balise canonical : chaque page des deux versions déclare l’URL de la version préférée. Sachez cependant que Google considère la canonical comme un signal fort, pas comme une obligation : il peut, si d’autres signaux le contredisent (liens internes pointant vers l’autre version, sitemap incohérent), choisir une autre URL. La redirection reste la seule solution vraiment propre.
Quels sont les avantages et inconvénients techniques de chaque option ?

Puisque le SEO est neutre, le choix se fait sur ces critères :
| Critère | Avec www | Sans www |
|---|---|---|
| Longueur et mémorisation | Plus long à taper et à dire | Plus court, plus moderne sur une carte de visite ou à l’oral |
| Affichage dans le navigateur | Chrome masque le www dans la barre d’adresse depuis sa version 76 (2019), la différence visuelle est donc faible | Identique |
| CDN et services externes | Le www peut être un alias CNAME vers un CDN ou un hébergeur cloud, sans contrainte | La racine ne peut pas porter d’enregistrement CNAME selon les règles du DNS ; il faut un hébergeur DNS qui propose un contournement (CNAME flattening, enregistrement ALIAS) |
| Cookies | Les cookies du site peuvent être limités au sous-domaine www, sans être envoyés aux autres sous-domaines (statique, blog…) | Un cookie posé sans attribut Domain reste limité à la racine, mais beaucoup d’outils posent leurs cookies sur tout le domaine, et ils sont alors envoyés à tous les sous-domaines |
| Lisibilité pour un public peu technophile | Le www signale immédiatement une adresse web | Moins évident sur certains supports imprimés |
Le point CDN mérite une précision. La norme DNS (RFC 1034) interdit qu’un nom portant un CNAME ait d’autres enregistrements, or la racine d’un domaine porte obligatoirement les enregistrements SOA et NS, et souvent les MX de la messagerie. C’est pourquoi les services qui demandent de « faire pointer un CNAME » posent problème à la racine. Des hébergeurs DNS comme Cloudflare résolvent cela par le CNAME flattening : ils suivent eux-mêmes l’alias et renvoient directement l’adresse IP finale. Si votre DNS le permet, l’argument technique en faveur du www s’affaiblit beaucoup.
En résumé : pour un site vitrine ou une boutique de PME, la version sans www fonctionne très bien. Pour une infrastructure plus complexe (nombreux sous-domaines, CDN, cookies à isoler), la version avec www laisse plus de marge.
Faut-il changer de version sur un site existant ?
En général, non. Si votre site est bien indexé dans une version, la bascule n’apporte aucun gain SEO et comporte des risques : toutes les URL changent, Google doit recrawler le site et une baisse temporaire de visibilité est possible. Gardez ce que vous avez, sauf raison technique sérieuse.
Si vous devez changer, par exemple lors d’une refonte de site ou d’un changement d’hébergement, traitez-le comme une migration : redirections 301 page à page, mise à jour de tous les liens internes et des canonical, nouveau sitemap, suivi dans Search Console. Notez que l’outil « Changement d’adresse » de Search Console ne s’applique pas ici : Google précise qu’il ne doit pas être utilisé pour passer de www à sans www (ou l’inverse) sur un même domaine, où il faut s’appuyer sur les redirections et les canonical.
Un site avec deux versions indexées ? Redirigez vers celle qui a le plus de pages indexées et de liens entrants, et vérifiez le résultat dans Search Console dans les semaines qui suivent. C’est typiquement le genre de point qu’on vérifie lors d’un audit dans le cadre de notre accompagnement en référencement naturel.
Quelles erreurs éviter ?
- Utiliser une redirection 302 au lieu d’une 301 : Google ne la prend pas comme signal de canonicalisation.
- Créer des chaînes de redirections : http://www.exemple.fr vers https://www.exemple.fr puis vers https://exemple.fr. Chaque étape ajoute un aller-retour ; l’idéal est de rediriger chaque variante directement vers l’adresse finale en une seule fois.
- Rediriger toutes les pages vers l’accueil : la redirection doit conserver le chemin et les paramètres de chaque URL.
- Oublier le certificat de la version redirigée : sans certificat valide sur www (ou sur la racine), la redirection HTTPS ne s’exécute jamais, le navigateur bloque avant.
- Laisser des liens internes vers l’autre version : chaque clic passe par une redirection et les signaux envoyés à Google se contredisent.
- Supprimer l’enregistrement DNS de la version non choisie : les visiteurs qui la tapent tombent sur une erreur au lieu d’être redirigés.
Le choix du domaine lui-même se pose souvent en même temps : notre article .com ou .net pour le SEO traite de l’extension.
Questions fréquentes
Google préfère-t-il les URL avec www ?
Non. Google n’accorde aucun avantage à l’une ou l’autre forme. Il demande seulement que vous en choisissiez une et que vous le lui signaliez clairement par une redirection et des canonical cohérentes.
Le www est-il obsolète ?
Non, il reste très répandu et parfaitement valable. Les navigateurs le masquent souvent dans la barre d’adresse et les internautes ne le tapent plus, mais une redirection bien faite rend ces deux points sans conséquence.
Comment savoir quelle version mon site utilise ?
Tapez les deux versions dans votre navigateur et regardez l’adresse finale : elles doivent aboutir à la même. Pour voir le code de redirection, utilisez un vérificateur d’en-têtes HTTP en ligne ou la commande curl -I https://www.votresite.fr : vous devez lire 301 (ou 308) et l’adresse de destination.
Faut-il ajouter les deux versions dans Google Search Console ?
Le plus simple est une propriété de domaine, validée par DNS : elle inclut automatiquement le www, le sans www, le HTTP et le HTTPS. Avec des propriétés de type « préfixe d’URL », il faudrait en créer une par combinaison.
Une redirection 301 fait-elle perdre du référencement ?
Une redirection permanente bien configurée est la méthode recommandée par Google pour indiquer la bonne adresse. Le risque vient surtout des erreurs de mise en œuvre : chaînes, boucles, redirections vers l’accueil ou versions contradictoires.
Sources
- Google Search Central : spécifier une URL canonique
- Google Search Central : redirections et recherche Google
- Aide Search Console : ajouter une propriété de site Web
- Aide Search Console : outil de changement d’adresse
- RFC 1034 : Domain Names, Concepts and Facilities, section 3.6.2 (IETF)
- RFC 6265 : HTTP State Management Mechanism (cookies), section 4.1.2.3 (IETF)
- Cloudflare : CNAME flattening
- BleepingComputer : Chrome masque à nouveau www et https dans la barre d’adresse (2019)




