Une URL est l'adresse unique d'une ressource sur Internet. Signification, composants, rôle du DNS, différence avec un lien et bonnes pratiques pour des URL sûres et lisibles.
Une URL (Uniform Resource Locator, « localisateur uniforme de ressource ») est l’adresse unique d’une ressource sur Internet : une page web, une image, un PDF, une vidéo. Elle indique au navigateur quel protocole utiliser (https), sur quel serveur aller (le nom de domaine) et quel fichier ou quelle page demander (le chemin). C’est ce que vous tapez dans la barre d’adresse ou ce qui se cache derrière chaque lien.
On utilise des URL toute la journée sans y penser : pour partager une page, ouvrir un lien reçu par e-mail ou retrouver un site. Voici ce que signifie exactement le terme, comment une URL est construite, ce qui se passe quand vous la saisissez, en quoi elle diffère d’un lien et comment reconnaître une URL sûre ou bien conçue.
- Que signifie URL ?
- De quoi se compose une URL ?
- Comment fonctionne une URL ?
- Quelle différence entre URL absolue et URL relative ?
- Quelle différence entre un lien et une URL ?
- Comment reconnaître une URL sécurisée ?
- Qu’est-ce qu’une bonne URL pour un site ?
- Questions fréquentes
- Sources
Que signifie URL ?
URL est l’acronyme de Uniform Resource Locator. On lit parfois « Universal Resource Locator », mais c’est une erreur : le terme officiel est bien « Uniform ». La norme qui encadre aujourd’hui les URL, la RFC 3986 publiée en janvier 2005, les définit comme un sous-ensemble des URI (identifiants de ressource) qui, en plus d’identifier une ressource, indiquent comment y accéder, c’est-à-dire sa « localisation » sur le réseau. La première spécification des URL, la RFC 1738, date de décembre 1994 et a notamment été rédigée par Tim Berners-Lee, l’inventeur du Web.
Dans la vie courante, on parle aussi d’adresse web ou d’adresse Internet. La comparaison avec une adresse postale est juste : comme l’adresse d’une maison permet de s’y rendre, l’URL indique au navigateur où aller chercher la page que vous voulez voir. Le mot « ressource » rappelle qu’une URL ne pointe pas forcément vers une page : elle peut désigner une image, une vidéo, un fichier PDF ou une adresse e-mail.
Par exemple, l’URL de la page d’accueil de notre site est https://osmova.com/, et celle de cet article est https://osmova.com/url-definition/.
De quoi se compose une URL ?
Prenons une URL complète, inspirée de l’exemple de la documentation MDN :
https://www.exemple.fr:443/blog/article?categorie=seo&page=2#conclusion
| Élément | Dans l’exemple | Rôle |
|---|---|---|
| Schéma (protocole) | https:// | Indique au navigateur comment dialoguer avec le serveur : http, https, mais aussi mailto, ftp, etc. |
| Sous-domaine | www. | Facultatif. Le choix avec ou sans www est une question de configuration |
| Nom de domaine | exemple.fr | L’adresse du serveur, sous une forme lisible par un humain |
| Port | :443 | La « porte » d’accès au serveur. Presque toujours omis, car les ports standard sont 80 pour http et 443 pour https |
| Chemin | /blog/article | L’emplacement de la ressource sur le serveur. Sur un CMS, c’est souvent une adresse logique plutôt qu’un vrai dossier |
| Paramètres (chaîne de requête) | ?categorie=seo&page=2 | Des paires clé=valeur transmises au serveur, séparées par & : filtres, pagination, suivi de campagnes |
| Fragment (ancre) | #conclusion | Renvoie à une section précise de la page. Il n’est jamais envoyé au serveur |
La norme RFC 3986 regroupe le sous-domaine, le domaine et le port sous le nom d’« autorité ». La dernière partie du chemin, qui décrit la page elle-même, est ce que WordPress appelle le slug. Sur la question du www, notre article URL avec www ou sans www détaille les deux options.
Comment fonctionne une URL ?

Les URL sont faites pour être lisibles par des humains. Les ordinateurs, eux, s’adressent les uns aux autres grâce à des adresses IP, des suites de nombres (en IPv4, quatre nombres séparés par des points) ou de chiffres et lettres (en IPv6). Retenir l’adresse IP de chaque site serait impossible, d’autant que l’adresse d’un site peut changer, par exemple lors d’un changement d’hébergeur.
Quand vous saisissez une URL, voici ce qui se passe, dans les grandes lignes :
- Le navigateur découpe l’URL : protocole, nom de domaine, chemin, paramètres.
- Il interroge le DNS (Domain Name System), l’annuaire d’Internet, pour obtenir l’adresse IP qui correspond au nom de domaine. Notre article sur le serveur DNS explique ce mécanisme.
- Il se connecte au serveur à cette adresse, sur le port indiqué (443 par défaut en https), et établit une connexion chiffrée si l’URL commence par https.
- Il demande la ressource désignée par le chemin et les paramètres.
- Le serveur renvoie la page (ou une erreur, par exemple une 404 si la ressource n’existe pas), et le navigateur l’affiche, en se positionnant sur l’ancre s’il y en a une.
Quelle différence entre URL absolue et URL relative ?
Une URL absolue contient toutes les informations nécessaires, du protocole au chemin : https://osmova.com/url-definition/. C’est la seule forme utilisable dans la barre d’adresse du navigateur.
Une URL relative omet une partie de l’adresse, que le navigateur complète à partir de la page en cours. On en trouve dans le code des sites :
/contact/: même protocole et même domaine que la page en cours ;images/logo.png: chemin à partir du dossier de la page en cours ;../autre-page/: remonte d’un niveau dans l’arborescence ;#faq: une ancre dans la page en cours.
Pour les signaux destinés aux moteurs de recherche, comme la balise canonical, Google recommande d’utiliser des URL absolues.
Quelle différence entre un lien et une URL ?

On dit souvent « lien » pour « URL », mais ce n’est pas la même chose. L’URL est l’adresse. Le lien (ou hyperlien) est un élément cliquable, un texte, un bouton ou une image, associé à une URL. En cliquant sur le lien, vous êtes envoyé vers l’adresse qu’il contient, sans avoir à la copier-coller. Le texte cliquable s’appelle l’ancre du lien.
Sur ordinateur, dans la plupart des navigateurs, survoler un lien avec la souris affiche l’URL de destination en bas de la fenêtre. Prenez ce réflexe avant de cliquer, surtout dans un e-mail : c’est le moyen le plus simple de repérer un lien trompeur dont le texte annonce un site et l’URL mène à un autre.
Comment reconnaître une URL sécurisée ?
Une URL qui commence par https:// indique que les échanges entre votre navigateur et le site sont chiffrés : les informations que vous saisissez ne peuvent pas être lues facilement pendant leur transport. Depuis juillet 2018 et la version 68 de Chrome, ce navigateur affiche la mention « Non sécurisé » pour toutes les pages en http. Aujourd’hui, tout site devrait être en https, et c’est indispensable dès qu’il demande des informations personnelles ou bancaires.
Attention toutefois : le https garantit que la connexion est chiffrée, pas que le site est honnête. Un site d’hameçonnage peut parfaitement être en https. Vérifiez donc aussi le nom de domaine, lettre par lettre : osmova.com.exemple-arnaque.fr n’appartient pas à osmova.com, car le domaine réel se lit à la fin de l’adresse du serveur, juste avant le premier « / » : ici, exemple-arnaque.fr.
Qu’est-ce qu’une bonne URL pour un site ?
Si vous gérez un site, la forme de vos URL compte pour les visiteurs comme pour Google. Ses recommandations officielles sur la structure des URL tiennent en quelques règles :
- Des mots compréhensibles plutôt que des identifiants :
/services/creation-site/plutôt que/index.php?id=42&cat=3. - Des tirets pour séparer les mots, et non des tirets bas (underscores).
- Une casse cohérente : Google traite les URL comme sensibles à la casse,
/Pageet/pagesont deux adresses différentes. - Pas d’identifiant de session dans l’URL, et le moins de paramètres inutiles possible.
- Pas de fragment (#) pour changer le contenu : Google ne s’en sert généralement pas pour distinguer des pages.
- Une seule URL par contenu : si plusieurs adresses affichent la même page, utilisez une redirection ou la balise canonical. Google préfère d’ailleurs la version https comme URL canonique.
Enfin, une URL publiée ne devrait plus changer. Si vous devez la modifier, par exemple lors d’une refonte, mettez en place une redirection permanente (301) de l’ancienne vers la nouvelle. Pour aller plus loin, notre article sur l’optimisation des URL pour le référencement entre dans le détail, et notre équipe peut prendre en charge ces questions dans le cadre d’un accompagnement en référencement naturel.
Questions fréquentes
Quelle différence entre URL et nom de domaine ?
Le nom de domaine (osmova.com) n’est qu’une partie de l’URL. L’URL complète ajoute le protocole, et souvent un chemin vers une page précise : https://osmova.com/url-definition/.
Quelle différence entre URL et URI ?
L’URI (Uniform Resource Identifier) identifie une ressource. L’URL est un type d’URI qui, en plus, indique comment y accéder. Toutes les URL sont des URI, mais toutes les URI ne sont pas des URL.
Une URL peut-elle contenir des accents ou des espaces ?
Pas directement : les caractères spéciaux sont encodés avec le signe % suivi d’un code (un espace devient %20). Pour des URL lisibles et fiables, évitez accents et espaces, et utilisez des tirets.
Où trouver l’URL d’une page ?
Dans la barre d’adresse du navigateur, en haut de la fenêtre. Sur mobile, l’option « Partager » de la page permet aussi de copier son URL.
Une URL longue est-elle mauvaise pour le référencement ?
La longueur en soi n’est pas le problème ; ce qui compte est qu’elle soit lisible et décrive le contenu. Une URL courte et claire reste plus facile à partager et à mémoriser.
Sources
- RFC 3986 : Uniform Resource Identifier (URI), Generic Syntax (IETF, janvier 2005)
- RFC 1738 : Uniform Resource Locators (URL) (IETF, décembre 1994)
- MDN : qu’est-ce qu’une URL ?
- Google Search Central : bonnes pratiques concernant la structure des URL
- Google Search Central : regrouper les URL en double
- Chromium Blog : A secure web is here to stay (février 2018)





