Le smartphone en France en 2026 : les données sans filtre
91 % des Français possèdent un smartphone. Ce chiffre circule partout. Ce qui circule moins, c’est ce qu’il cache : le fossé social qui persiste, la génération qui achète moins mais garde plus longtemps, les seniors qui rattrapent leur retard à une vitesse que personne n’avait anticipée. Et surtout, ce que ces téléphones ont changé concrètement dans les comportements d’achat, de travail et de santé.
Cet article compile les données les plus récentes disponibles sur l’usage du smartphone en France, sourcées et datées. Quand une donnée n’existe pas en source primaire française, c’est dit explicitement plutôt que comblé par une estimation mondiale.
Les smarthpones en France 2026
| Dimension | Chiffre clé |
|---|---|
| Équipement | 91 % des Français de 12 ans et plus possèdent un smartphone |
| Temps d’écran | 4 heures par jour en moyenne, tous écrans confondus |
| Trafic web mobile | 64,71 % du trafic web provient des mobiles |
| M-commerce | 62 % des e-acheteurs ont commandé depuis leur smartphone |
| Usage professionnel | 96 % des dirigeants préoccupés par l’usage au travail |
| Dépendance | 65 % présentent des comportements de dépendance |
| Ventes | Samsung 32 %, Apple 28 %, Xiaomi 19 % |
Le smartphone est devenu l'équipement numérique le plus répandu en France, devant l'ordinateur (89 %) et la tablette (54 %). Ce n'est plus une question d'adoption : c'est une question de fracture.
Le seuil de 91 % franchi en 2024 n’est pas un simple record : c’est le signal que la question de l’équipement est réglée pour la quasi-totalité de la population française. Les 12-17 ans sont à 96 %. Les 18-39 ans à 98 %. Mais la donnée la plus significative de l’année est ailleurs : les 60-69 ans ont progressé de 10 points en un an, les 70 ans et plus de 8 points. 70 % des seniors possèdent désormais un smartphone. Ce rattrappage génèrerait change structurellement les audiences numériques : les marques qui ciblaient uniquement les moins de 40 ans sur mobile manquent désormais une part croissante de leurs clients les plus solvables. Le fossé social, lui, ne se referme pas à la même vitesse. 97 % des diplômés du supérieur sont équipés contre 63 % des personnes sans diplôme. 9 % de la population n’a accès à Internet que via mobile, sans connexion fixe. Ce chiffre monte à 19 % chez les 18-24 ans, une génération qui a abandonné l’abonnement internet fixe. Sur le plan du marché, les ventes de smartphones neufs reculent depuis le pic de 2016. 15,7 millions d’unités vendues en 2021, et la tendance continue de baisser. 27 % des Français gardent leur smartphone plus de 3 ans en 2024, contre 16 % en 2020. La loi AGEC a imposé une garantie de 12 mois sur les reconditionnés, ce qui a accéléré la substitution. 61 % du parc est désormais compatible 5G.
Points forts
- Les seniors deviennent une audience mobile à part entière, sous-estimée par beaucoup de stratégies digitales
- 61 % du parc compatible 5G ouvre des usages à plus fort débit sur des audiences larges
- Le marché du reconditionné progresse : opportunité pour les marques positionnées sur la durabilité
Points faibles
- 34 points d'écart entre diplômés du supérieur et non-diplômés : la fracture numérique n'est pas résolue
- Les ventes de smartphones neufs reculent structurellement depuis 2016
- 19 % des 18-24 ans dépendent uniquement du mobile pour Internet : une contrainte technique pour certains services
Équipement et OS par tranche d’âge
Le seul segment où iOS dépasse Android en France est celui des 18-24 ans (52 % contre 46 %). C’est aussi la tranche où iOS a progressé le plus vite : +13 points entre 2019 et 2024. Au-delà de 40 ans, Android dépasse systématiquement 80 % quelle que soit la tranche d’âge. Source : Baromètre du numérique 2025, CREDOC/ARCEP.

| Tranche d’âge | Équipement smartphone | iOS | Android | Évolution équipement |
|---|---|---|---|---|
| 12-17 ans | 96 % | 30 % | 68 % | Stable |
| 18-24 ans | 98 % | 52 % | 46 % | iOS +13 pts vs 2019 |
| 25-39 ans | 98 % | 33 % | 65 % | Stable |
| 40-59 ans | 95 % | 19 % | 80 % | +7 pts vs 2020 |
| 60-69 ans | 90 % | 18 % | 80 % | +10 pts en 1 an |
| 70 ans et plus | 70 % | 17 % | 81 % | +8 pts en 1 an |
| Ensemble 12 ans+ | 91 % | 25 % | 73 % | +13 pts vs 2020 |
Le temps d'écran moyen est de 4 heures par jour. Mais cette donnée ne concerne pas uniquement le smartphone : elle couvre tous les supports. Il n'existe pas, à ce jour, de mesure officielle française isolant uniquement le téléphone.
4 heures par jour devant les écrans, c’est la moyenne française pour un usage personnel. Smartphone, ordinateur, tablette, télévision connectée : tout est agrégé. Personne ne sait combien d’heures exactement passent sur le smartphone seul, et quiconque vous cite un chiffre précis sur ce point cite une estimation mondiale appliquée à la France. Ce qui est documenté avec précision : 25 % de la population dépasse 5 heures par jour. Ce seuil monte à 39 % chez les 18-24 ans. 42 % des Français estiment globalement passer trop de temps devant leurs écrans, et 62 % des 18-24 ans partagent ce sentiment. Sur Internet spécifiquement, les Français passent 26 heures 57 minutes par semaine en ligne, dont 12 heures 32 minutes sur les seuls réseaux sociaux. Ce dernier chiffre est la partie émergée : il mesure une activité consciente, déclarée. Le temps de consultation passive du téléphone (notifications, vérifications rapides) n’entre pas dans ces mesures.
Points forts
- Le temps d'écran progresse régulièrement : capter l'attention en 2026 est plus difficile et plus coûteux qu'en 2020
- La segmentation par âge est précise et exploitable pour calibrer les formats publicitaires
- 12h32 hebdomadaires sur les réseaux sociaux = fenêtre d'exposition mesurable pour les annonceurs
Points faibles
- Aucune donnée française n'isole le seul temps passé sur smartphone : lacune documentaire majeure
- Les mesures ARCEP sont déclaratives, pas objectives : le ressenti diffère souvent du temps réel
- Le temps de consultation passive (vérifications rapides, notifications) n'est capté par aucune source
Le desktop est devenu le canal secondaire. 64,71 % du trafic web en France vient des mobiles. Un site pensé desktop-first en 2026 part structurellement perdant sur plus de la moitié de son audience.
Deux sources convergent sur ce point : Similarweb mesure 64,71 % de trafic web mobile en France en janvier 2025, et We Are Social confirme que 92,1 % des Français accèdent à Internet depuis leur mobile, contre 75,3 % depuis un ordinateur. Android représente 73 % du parc, iOS 26 %. Mais iOS génère 34 % du trafic web pour seulement 25 % du parc installé : les utilisateurs Apple naviguent davantage sur le web que les utilisateurs Android, qui passent proportionnellement plus de temps dans les applications natives. Ce point a une implication directe pour les annonceurs : les chiffres de part de marché OS ne se traduisent pas directement en part de trafic web. Les usages les plus fréquents depuis mobile : les réseaux sociaux et messageries (89,5 % des internautes), les moteurs de recherche (83,8 %), et en progression rapide, ChatGPT, utilisé mensuellement par 24,8 % des Français. Google détient 88,81 % des parts de marché sur les moteurs de recherche en France.
Points forts
- Mobile-first n'est plus un choix : c'est la condition de base pour ne pas perdre la majorité de ses visiteurs
- iOS surreprésenté dans le trafic web : audience Apple plus engagée sur le web, pertinente pour les annonceurs premium
- ChatGPT à 24,8 % d'usage mensuel : les moteurs de recherche classiques commencent à perdre des requêtes
Points faibles
- Similarweb mesure le trafic web, pas les applications natives : la réalité mobile totale est probablement supérieure
- La domination Android sur le parc (73 %) ne se traduit pas par 73 % du trafic web : les métriques ne sont pas interchangeables
Android vs iOS : trois mesures, trois réalités
Les chiffres Android/iOS varient selon les sources parce que chaque source mesure un phénomène différent. Ventes, parc installé et trafic web ne donnent pas le même résultat et ne doivent pas être comparés directement.

| Ce qui est mesuré | Android | iOS | Source |
|---|---|---|---|
| Ventes (nouveaux appareils) | 70,9 % | 29,1 % | Kantar WorldPanel, déc. 2024 |
| Parc installé (appareils en service) | 73 % | 25 % | CREDOC/ARCEP, 2024 |
| Trafic web généré | 66 % | 34 % | StatCounter / We Are Social, fév. 2026 |
62 % des e-acheteurs français ont passé au moins une commande depuis leur mobile en 2023. Le marché e-commerce pèse 175,3 milliards d'euros en 2024. La part exacte du chiffre d'affaires réalisée sur mobile n'est pas publiée par la FEVAD.
Le chiffre de 62 % vient d’une étude Odoxa pour la FEVAD publiée en janvier 2024. Il mesure la proportion d’e-acheteurs ayant commandé au moins une fois depuis leur mobile en 2023. Il ne mesure ni la fréquence, ni les montants. C’est la donnée la plus récente disponible en source primaire française sur ce point. En 2024, le commerce en ligne français a atteint 175,3 milliards d’euros pour 2,6 milliards de transactions, portés par 41,6 millions de cyberacheteurs, soit 73,3 % de la population adulte. Le premier semestre 2025 confirme l’élan avec +7,9 % de ventes en ligne et +11,3 % de transactions : le volume de commandes augmente plus vite que les montants, ce qui reflète des achats plus fréquents et des paniers plus petits. La donnée mondiale de 75 % d’achats depuis mobile (Statista) ne peut pas être appliquée directement à la France, où l’ordinateur reste significativement utilisé pour les achats en ligne, notamment pour les montants élevés.
Points forts
- L'e-commerce mobile est mainstream : ne pas optimiser le tunnel d'achat mobile, c'est perdre plus de la moitié des e-acheteurs potentiels
- La croissance du volume de commandes (+11,3 %) dépasse celle du chiffre d'affaires : les achats mobiles fragmentés sont une réalité
- 41,6 millions de cyberacheteurs : le marché est large, la conversion mobile est le levier prioritaire
Points faibles
- 62 % signifie avoir acheté au moins une fois, pas une habitude régulière : le chiffre surestime peut-être le poids réel du mobile sur le CA
- La part exacte du chiffre d'affaires e-commerce depuis mobile n'est pas publiée par la FEVAD en open data
- La donnée date de 2023 : aucune mise à jour 2024-2025 disponible publiquement
C'est le chiffre le moins couvert de cet article, et probablement le plus utile pour les organisations. 96 % des dirigeants sont préoccupés par l'impact du smartphone au travail. 70 % en ont observé des effets concrets. 40 % ont pris des mesures.
Une étude de l’Observatoire Santé PRO BTP / IFOP menée auprès de 500 dirigeants d’entreprises privées de plus de 20 salariés (juin 2025) dresse un tableau qui dérange. 96 % se disent préoccupés par au moins un impact négatif de l’usage excessif des smartphones dans leur organisation. Les préoccupations sont larges : relations sociales entre collaborateurs (88 %), qualité du travail (86 %), sédentarité et manque de sommeil (80 %), sécurité des données (78 %). Les conséquences observées sont concrètes : 70 % des entreprises ont constaté des effets négatifs sur la performance, 63 % sur la qualité du travail, 61 % sur les capacités cognitives. Ce sont des observations déclarées, pas des anticipations. Et pourtant : seulement 40 % des entreprises ont mis en place des mesures concrètes d’encadrement. Le paradoxe est documenté. La prise de conscience est là. L’action ne suit pas.
Points forts
- Données récentes (juin 2025) sur un panel de 500 dirigeants : représentativité solide
- Le sujet est quasi absent des articles existants sur le smartphone en France : forte valeur différenciante
- La dimension sécurité des données (78 %) est un angle RH et IT rarement connecté à l'usage mobile
Points faibles
- Étude commanditée par PRO BTP : orientation naturelle vers les impacts santé au travail
- Aucune donnée sectorielle : impossible de savoir quels secteurs sont les plus touchés
- Absence de données longitudinales : on ne sait pas si la situation s'aggrave d'une année sur l'autre
65 % des Français présenteraient des comportements assimilables à une dépendance au smartphone, selon IFOP 2024. Ce chiffre monte à 89 % chez les 18-24 ans. Ces données portent sur des comportements déclarés, pas sur un diagnostic clinique.
La convergence des études sur ce sujet est frappante. 65 % de comportements de dépendance (IFOP 2024). 67 % de Français qui se disent anxieux à l’idée de ne pas avoir leur téléphone sur eux (IFOP pour la Fondation April, 2022). 70 % qui n’arrivent pas à s’en passer sans développer une forme d’anxiété (Institut Rafaël, 20 000 personnes, début 2024). 42 % estiment passer trop de temps devant leurs écrans (ARCEP/CREDOC 2025). Ces chiffres ne permettent pas de conclure que deux Français sur trois sont cliniquement dépendants. Le terme de dépendance reste discuté scientifiquement pour des comportements déclarés. Ce qu’ils documentent en revanche : des comportements d’usage compulsif très répandus, qui concernent particulièrement les 18-24 ans (89 % chez cette tranche selon IFOP 2024). La nomophobie, l’anxiété liée à la peur d’être séparé de son téléphone, touche 93 % des 18-24 ans selon l’étude IFOP pour la Fondation April. Ces signaux commencent à peser sur les politiques RH, les débats de santé publique et les réglementations sur les usages numériques des mineurs.
Points forts
- Plusieurs études convergentes sur les mêmes tendances : les chiffres se recoupent malgré des méthodologies différentes
- Fort contraste générationnel : les 18-24 ans sont significativement plus touchés que les autres tranches
- Sujet en montée dans les débats RH, santé publique et réglementation sur les mineurs
Points faibles
- Le commanditaire de l'étude IFOP 2024 principale n'a pas pu être identifié : donnée à citer avec prudence
- Comportements déclarés, pas diagnostic clinique : le mot dépendance est scientifiquement discutable
- Pas de mise à jour 2025-2026 disponible sur ce volet spécifique
Smartphone et sommeil : ce que les données disent
16 % des Français et 28 % des 18-34 ans déclarent être réveillés la nuit par la sonnerie de leur téléphone (INSV). 45 % des adultes consultent leurs écrans le soir au lit. Ce dernier chiffre circule sans source primaire précise identifiable il est à citer avec prudence.

Les mécanismes sont documentés. Une étude publiée dans PLOS ONE (2017) a établi que l’utilisation d’un smartphone 2 heures avant le coucher réduit de 22 % la production de mélatonine. Une étude publiée dans Frontiers in Psychiatry basée sur 45 202 étudiants norvégiens de 18 à 28 ans montre qu’une heure d’exposition à un écran avant de dormir augmente le risque d’insomnie de 59 % et réduit la durée du sommeil d’environ 24 minutes par nuit. Cette étude porte sur une population étudiante norvégienne, pas sur la France en général.
En France, une étude OpinionWay pour l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV, 2019) montrait qu’1 Français sur 3 se réveillait fatigué, et que 36 % des utilisateurs de smartphones attribuaient cette fatigue à l’utilisation d’écrans le soir. Ces données datent de 2019 : aucune étude française représentative et récente sur ce lien spécifique smartphone/sommeil n’est disponible en open data.
Mineurs, réseaux sociaux et smartphone : où en est la réglementation ?
La France a voté en janvier 2026 l’une des législations les plus contraignantes d’Europe sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Le texte a été adopté par l’Assemblée nationale dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, par 130 voix pour et 21 contre. Il est en cours d’examen au Sénat, avec une entrée en vigueur visée à la rentrée de septembre 2026.
| Date | Mesure | Statut |
|---|---|---|
| Août 2018 | Interdiction du téléphone à l’école et au collège | En vigueur |
| Sept. 2024 | Pause numérique généralisée dans les collèges | En vigueur |
| 26 janv. 2026 | Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans (Assemblée nationale) | Voté – en cours au Sénat |
| Sept. 2026 | Entrée en vigueur visée (RS -15 ans + portable dans les lycées) | Objectif gouvernemental |
Le texte prévoit une interdiction totale d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, une limitation horaire pour les 15-18 ans, et confie le contrôle à l’ARCOM. Les messageries privées (WhatsApp) sont exclues du périmètre. La principale difficulté technique est la vérification de l’âge en ligne, une question non résolue à l’échelle européenne. Le gouvernement justifie la loi par les données de temps d’écran des mineurs : 2h33 par jour pour les 9-11 ans hors école, 3h11 pour les 7-19 ans, et jusqu’à 5h10 pour les 16-19 ans (données gouvernementales, sources primaires non détaillées dans les documents accessibles).
Samsung reste leader des ventes en France avec 32 % de part de marché en 2024, devant Apple (28 %) et Xiaomi (19 %). Le Galaxy S25 est le modèle le plus vendu sur janvier 2024 – septembre 2025. Le marché du neuf se contracte, le reconditionné progresse.
Selon Canalys (marché France 2024), Samsung et Apple représentent ensemble 60 % des ventes. Xiaomi consolide sa troisième place avec 19 %, suivi d’HONOR (7 %) et Motorola (4 %). Selon Counterpoint Research, qui suit plus de 6 000 modèles mois par mois, le Samsung Galaxy S25 est le modèle le plus vendu en France sur la période janvier 2024 – septembre 2025 avec 10 % des ventes, le Galaxy S25 Plus figure dans le top 5 à 5 %. Sur le plan des OS, Android représente 70,9 % des ventes selon Kantar WorldPanel (décembre 2024). La situation est cependant plus contrastée qu’elle n’y paraît : iOS domine les ventes chez les 18-24 ans (52 % contre 46 % Android). Au-delà de 40 ans, Android écrase la concurrence à plus de 80 % quelle que soit la tranche. Le marché du neuf se contracte depuis 2016. Les ventes de reconditionnés progressent, portées par la loi AGEC qui impose 12 mois de garantie minimale et par la pression budgétaire sur les ménages.
Points forts
- Samsung et Apple représentent 60 % des ventes : le marché est très concentré au sommet
- Xiaomi à 19 % confirme la montée en puissance des marques chinoises sur le segment milieu de gamme
- Le reconditionné devient un marché à part entière, avec une garantie légale qui le rend crédible
Points faibles
- Ventes 2025 finales par marque non encore publiées en open source par Canalys au moment de la recherche
- Aucune source publique ne croise marque et tranche d'âge pour la France
- Les chiffres Canalys (ventes), CREDOC (parc) et StatCounter (trafic) mesurent des réalités différentes
La France dans le contexte mondial et européen
La France n’est pas en retard sur l’équipement : avec 91 % de la population de 12 ans et plus équipée d’un smartphone, elle se situe dans la fourchette haute des pays d’Europe de l’Ouest, au même niveau que l’Allemagne et le Royaume-Uni. Mais sur le temps passé sur mobile, elle est en dessous de la moyenne mondiale. Ce n’est pas un signe de sous-utilisation : c’est la conséquence directe d’un parc d’ordinateurs parmi les plus élevés d’Europe.
| Indicateur | France | Europe de l’Ouest | Monde |
|---|---|---|---|
| Taux d’équipement smartphone | 91 % (12 ans+) | 85-90 % | 67,9 % des internautes |
| Part du trafic web depuis mobile | 64,71 % | ~50-55 % | 63,05 % |
| Temps mobile par jour | 2h34 | nd | 3h46 |
| Taux d’accès à Internet | 95,2 % | 95,1 % | 67,9 % |
La France consomme moins de temps mobile (2h34/jour) que la moyenne mondiale (3h46/jour). L’explication est structurelle : 89 % des Français possèdent un ordinateur, ce qui maintient le desktop à un niveau élevé. Dans des pays comme l’Inde ou le Brésil, le trafic mobile dépasse 70-80 % simplement parce qu’il n’y a pas d’alternative desktop pour une large part de la population.
65 % des Français utilisent le paiement mobile sans contact en magasin en 2025, +10 points en deux ans. Le paiement carte via mobile a progressé de +53,6 % en volume en 2024. 54 % des utilisateurs d'Apple Pay ou Google Pay ont déjà abandonné un achat qu'ils ne pouvaient pas finaliser via ces apps.
Deux sources documentent ce sujet en 2025. Le baromètre OpinionWay pour Lyf Pay (février 2025, n=2 000 personnes de 16 à 65 ans) mesure l’adoption côté consommateurs : 65 % des Français utilisent le paiement sans contact mobile en magasin, soit +10 points par rapport à 2023. Le wallet digital, qui regroupe cartes bancaires et cartes de fidélité dématérialisées dans une application, est utilisé par 42 % des Français, quasiment doublé depuis 2021 (24 %). La donnée la plus révélatrice pour les commerçants : 54 % des utilisateurs d’Apple Pay ou Google Pay ont déjà abandonné un achat qu’ils ne pouvaient pas finaliser via ces applications. Ce taux monte à 65 % chez les 16-24 ans. Ne pas accepter le paiement mobile, c’est statistiquement perdre plus d’un client sur deux dans cette tranche d’âge. La Banque de France confirme côté infrastructure : dans son rapport annuel sur les moyens de paiement de détail en France 2024 (publié en décembre 2025), le paiement par carte via mobile progresse de +53,6 % en volume et +57,6 % en valeur, représentant désormais 10 % des paiements totaux par carte et 15 % des paiements par carte de proximité. La progression est structurelle et documentée par la source la plus officielle qui soit sur ce sujet.
Points forts
- Donnée Banque de France : source officielle incontestable sur la progression structurelle
- Le chiffre d'abandon d'achat (54 %) est directement actionnable pour tout commerçant
- Apple Pay dominant malgré un parc iOS minoritaire (63 % des paiements mobiles pour 25 % du parc) : les utilisateurs Apple paient plus via leur téléphone
Points faibles
- Le baromètre OpinionWay est commandité par Lyf Pay, acteur du marché : biais potentiel vers une présentation favorable
- Les données sur les apps (Apple Pay 63 %, PayPal 39 %, Google Pay 31 %) datent de 2023, aucune source primaire française plus récente disponible
Ce que ces chiffres disent vraiment
Le mobile-first n’est plus une recommandation
64,71 % du trafic web est mobile. 92,1 % des Français accèdent à Internet depuis leur téléphone. Un site pensé desktop-first en 2026 perd structurellement une majorité de ses visiteurs avant même qu’ils aient chargé la page. La question n’est plus de savoir s’il faut optimiser pour mobile : c’est de comprendre pourquoi certains projets web partent encore du desktop pour décliner ensuite.
Les seniors sont devenus une audience mobile
70 % des 70 ans et plus possèdent un smartphone, +8 points en un an. Les 60-69 ans sont à 90 %, +10 points en un an. Ces progressions sont deux fois plus rapides que la moyenne nationale. Les stratégies digitales qui excluent les plus de 60 ans du canal mobile sur la base d’un préjugé générationnel manquent une audience en forte croissance, souvent plus solvable que les 18-24 ans.
Le paradoxe du dirigeant qui sait et ne fait pas
96 % des dirigeants sont préoccupés par l’usage du smartphone au travail. 70 % ont observé des impacts concrets sur la performance. 40 % ont pris des mesures. Ce n’est pas un manque d’information qui explique l’inaction : les données sont là depuis plusieurs années. C’est la même mécanique que les 42 % de Français qui savent qu’ils passent trop de temps devant leurs écrans et continuent quand même. La prise de conscience ne produit pas mécaniquement le changement de comportement, ni chez les individus ni dans les organisations.
Questions fréquentes
Les Français et leur smartphone en 2026 : réponses directes.
91 % des Français de 12 ans et plus possèdent un smartphone en 2024, selon le Baromètre du numérique 2025 (CREDOC/ARCEP). C’est une hausse de 4 points en un an. Les 12-17 ans sont à 96 %, les 18-39 ans à 98 %. Les seniors progressent rapidement : 90 % des 60-69 ans et 70 % des 70 ans et plus sont équipés.
Il n’existe pas de donnée officielle française isolant uniquement le temps passé sur smartphone. Le Baromètre du numérique 2025 mesure 4 heures par jour tous écrans confondus. 25 % de la population dépasse 5 heures, et ce chiffre monte à 39 % chez les 18-24 ans. Sur Internet spécifiquement, les Français passent 26 heures 57 minutes par semaine en ligne, dont 12 heures 32 minutes sur les réseaux sociaux (We Are Social 2026).
64,71 % du trafic web en France provient d’appareils mobiles (Similarweb, janvier 2025). 92,1 % des Français accèdent à Internet depuis leur mobile (We Are Social 2026). Android représente 73 % du parc mais seulement 66 % du trafic web : les utilisateurs iOS naviguent davantage sur le web de façon proportionnelle.
Le Samsung Galaxy S25 est le modèle le plus vendu en France sur la période janvier 2024 – septembre 2025 avec 10 % des ventes, selon Counterpoint Research. Samsung est leader des ventes avec 32 % de part de marché en 2024, devant Apple (28 %) et Xiaomi (19 %), selon Canalys.
Selon une étude IFOP 2024, 65 % des Français présenteraient des comportements assimilables à une dépendance, un chiffre qui monte à 89 % chez les 18-24 ans. Ces données portent sur des comportements déclarés, pas sur un diagnostic clinique. Le Baromètre du numérique 2025 (ARCEP/CREDOC) confirme que 42 % des Français estiment passer trop de temps devant leurs écrans.
62 % des e-acheteurs français ont passé au moins une commande depuis leur smartphone en 2023 (Odoxa/FEVAD, janvier 2024). Le marché e-commerce français représentait 175,3 milliards d’euros en 2024 pour 41,6 millions de cyberacheteurs. La part exacte du chiffre d’affaires réalisé depuis mobile n’est pas publiée par la FEVAD en open data.
Oui, et les chiffres sont frappants. 96 % des dirigeants d’entreprises sont préoccupés par au moins un impact négatif de l’usage excessif des smartphones au travail, 70 % ont observé des effets concrets sur la performance des salariés, et 61 % sur les capacités cognitives. Pourtant, seulement 40 % des entreprises ont mis en place des mesures d’encadrement. Source : Observatoire Santé PRO BTP/IFOP, juin 2025 (500 dirigeants).


